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Témoignage de Fanja

Mouvement ATD Quart Monde Madagascar

Témoignage de Fanja 16 octobre 2013

La famille de Fanja a quitté la campagne pour chercher de l’argent en ville. Fanja, une fille très timide, a 10 ans, mais elle joue déjà le rôle des adultes. Elle s’occupe de ses petits cadets lorsque ses parents partent vendre des fruits.

Fanja est la plus aînée de ses cinq frères et sœurs. Ses parents lui donnent de l’argent et c’est elle qui se charge de la préparation de leur déjeuner. A noter que l’argent confié par ses parents est de 100 Ar par enfant. Cela dit, ils dépensent très peu au quotidien pour pouvoir payer le loyer et ne pas toucher au prix d’achat des fruits. Néanmoins, ils préfèrent "manger peu que de rien avaler".

“Des fois, j’aide mes parents dans la vente. Quand tous les enfants du quartier sont partis à l’école, il ne reste que nous quatre ainsi que quelques enfants qui, comme nous, n’ont pas eu la chance de fréquenter l’école. Donc nous jouons et nous nous ruons par-ci par-là" déclare Fanja. Elle a donc mis sa confiance sur la bibliothèque pour pouvoir puiser quelques connaissances.

Mais parfois elle avait honte de fréquenter les enfants de son âge, parce qu’elle ne savait même pas lire. Elle préférait être avec les plus petits.

Quand les enfants de la bibliothèque font du travail manuel, elle prend soin de son œuvre et fait en sorte que celle-ci soit bien rangée. Elle avait tant voulu aller à l’école mais elle n’avait pas pu faire autrement. Elle s’est pourtant souvenue de sa vie à la campagne où la scolarisation ne posait pas de problème. En réalité, là-bas, la scolarisation ne requérait pas de frais d’écolage. En guise de participation, les élèves devaient donner une quantité de riz à chaque période de récolte.

"J’ai appris à écrire mon nom via un jeu collectif maîtresse-élève avec les enfants de mon quartier” ajouta-t-elle.

Parents: Elle prend déjà la responsabilité d’un adulte. "Nous ne pouvons pas nous passer des contributions exigées au niveau de notre société et de notre famille ; à l’instar des cotisations lors des présentations de condoléance ou d’une exhumation… Dans ce cas, nous devons utiliser le peu d’argent que nous possédons et des fois, nous sommes contraints d’utiliser l’argent mis de côté pour l’achat des fruits.

Evidemment, on ne pouvait pas laisser tomber le loyer. Bien que voulant à tout prix scolariser leurs enfants, les parents ne pouvaient faire autrement. A titre palliatif, ils t’encouragent : " toi qui es l’aînée, tu nous aides dans l’amélioration des sources de revenu afin que tes cadets puissent aller à l’école. Car affamé, nul ne pourrait se concentrer. »

Mes aspirations: que je puisse aller un jour à l’école, comme tous les enfants de mon âge.

This testimony is linked to the event: 
Education et Culture: 10ème anniversaire de la bibliothèque
Fanja