Every attitude, every gesture has to fight poverty and exclusion. There are many ways to act, regardless of our skills and availability. These messages, these testimonials reflect. Feel free to contribute.

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Intervention de Murielle Gelin

Intervention de Murielle Gelin pour le 17 octobre à l’Assemblée Nationale

Bonjour, Je m'appelle Murielle Gelin . J'habite au Blosne, qui est un quartier populaire de Rennes. Je suis la maman de 4 enfants dont un qui me cause beaucoup de soucis car il n'aime pas l'école et a du mal à apprendre. C'est pourquoi je milite à ATD Quart Monde pour que l'école soit celle de la réussite de tous.

J'ai participé à différentes étapes du combat pour l'école qu'a mené ATD Quart Monde ces trois dernières années :

  • Tout d'abord J'ai participé pendant un an, au cours de trois Week-end, à une réflexion utilisant la démarche du croisement des savoirs. Il s'agissait de mettre en place un dialogue entre des personnes disposant de savoirs différents. 

  • d'une part celles qui vivent dans la précarité,

  • d'autre part celles qui ont un savoir reconnu comme les professionnels de l'éducation et les chercheurs.

  • Il y avait aussi des parents solidaires.

Au premier séminaire, consacré aux conditions de la réussite à l'école, nous avons été très durs avec les enseignants qui ne comprenaient pas la haine que nous avions vis à vis de l'école.

Au deuxième séminaire, consacré aux obstacles à la réussite c'est avec les parents solidaires que nous avons été agressifs et là nous avons été rejoints par les enseignants.

Au troisième séminaire, nous avons été capables de rédiger un texte commun contenant des propositions concrètes pour faire rentrer tous les parents dans l'école avec les espaces parents.

A la fin de cette démarche, j'ai changé de regard envers les enseignants et cela m'a donné la force d'aller à la rencontre des enseignants de mes enfants pour essayer de trouver ensemble des solutions pour leur réussite.

J'ai compris que si les parents ont peur des enseignants, l'inverse est vrai.

  • Ensuite Forte de ce savoir, j'ai pu participer aux Ateliers de Lyon. C'était très impressionnant de se trouver à 450 à l’École Normale Supérieure avec 80 parents, militants de quartiers populaires au côté d'enseignants, d'autres parents et de chercheurs bien décidés à faire des propositions ensemble pour changer l'école.

Dans mon atelier, j'ai pu parler à armes égales avec des tas de gens aux statuts différents qui avaient la volonté de prendre le temps de s'écouter, de se comprendre. C'était magnifique.

J'ai même osé dans le grand amphithéâtre manifester que je ne comprenais pas les mots que j'entendais pendant l’exposé d'un grand chercheur( Philippe Meirieu)

  • A la sortie des Ateliers j'étais très enthousiaste et nous attendions avec impatience la signature de la Plate-forme par les syndicats d’enseignants, les fédérations de parents d'élèves et les mouvements pédagogiques. J'ai su qu'il y avait eu des tensions mais que tous étaient conscients de l’attente des parents qui vivent dans les quartiers populaires.

Comme j'étais attentive au fait que le texte soit compréhensible par tout le monde, on m'a demandé de le relire pour trouver des mots simples.

Au cours de l'année 2012-2013, j'ai été informée des discussions pendant l'élaboration de la loi par des membres du mouvement qui se sont battus pour obtenir que dès le début de la loi les intentions de la Refondation soient clairement affichées.

J'ai été très heureuse que le Parlement adopte le 8 juillet 2013 cette loi.

J'ai retenu trois points dans l'article 2 :

  • La reconnaissance que tous les enfants partagent la capacité d'apprendre et de progresser

  • Pour garantir la réussite de tous l'école doit se construire avec la participation des parents, quelle que soit leur origine sociale

  • l'école doit favoriser la coopération avec les élèves par son organisation et ses méthodes, ainsi que par la formation des maîtres,

En conclusion : Qu’est ce que j’attends maintenant ?

  • Il y a urgence à appliquer cette loi parce que les parents dans nos quartiers se découragent et ne supportent plus que leurs enfants échouent à l'école.

  • Pour moi Cela passera par une vraie participation des parents et une bonne formation des enseignants

  • Nous savons que la loi ne suffit pas et nous serons présents dans les écoles de nos quartiers pour qu’enfin tous les enfants réussissent

This testimony is linked to the event: 
17 Octobre 2013: Session de réflexion à l'Assemblée Nationale
Murielle Gelin