Every attitude, every gesture has to fight poverty and exclusion. There are many ways to act, regardless of our skills and availability. These messages, these testimonials reflect. Feel free to contribute.

Testimonies are published under the responsibility of the author. They are subject to validation: these will be published only if they comply, in form and substance the spirit of this day as defined in the International Charter for October 17.

 

Intervention de Manuella Lecannu

Conférence, 17 octobre 2013 à l'Assemblée Nationale Française - Intervention de Mme Manuella Lecannu.

Pendant l'atelier citoyen, nous avons parlé de ce qui fait barrière à la participation.

Pierre-Louis Innocent nous a dit que la vie en centre d'hébergement prive de libertés. Les gens ne savent pas cela, que quand on vit en centre d'hébergement, on perd certaines libertés. Par exemple, il n'a pas accès à la boîte aux lettres, c'est les responsables du centre qui distribuent le courrier. Parfois le courrier leur est distribué quelques jours après et ils manquent des rendez-vous importants. Pierre-Louis pense que les responsables du centre ne le lui font pas confiance et le pensent incapables.

Aussi en centre, ils doivent rentrer à des heures précises le soir, cela empêche la participation à des réunions, des événements à l'extérieur du centre.

Nadia Chafi nous a parlé d'Internet. Au collège, certains pensent que c'est acquis que tous les élèves ont accès à Internet. Pour faire ses devoirs, il faut Internet. Un collège a appelé une maman pour lui dire de prendre un abonnement Internet pour que sa fille puisse faire ses devoirs. C'est une dépense importante, la famille devra se priver d'autres choses.

Souvent les enfants n'osent pas dire qu'ils n'ont pas Internet à la maison et personne n'imagine qu'ils n'ont pas pu faire leurs devoirs à cause de cela. Beaucoup pensent que tout le monde a Internet.

Aussi pour chercher du travail, il est nécessaire d'avoir Internet.

Sans Internet, aujourd'hui, on est mis à l'écart.

Enfin, Meriem Zeggaï a expliqué que certains médecins, certains spécialistes refusent de soigner les personnes qui ont la Couverture Médicale Universelle, la CMU ou l'Aide Médicale d'Etat, l'AME. A un rendez-vous, la rhumatologue lui disait : « Il ne fallait pas prendre rendez-vous, il fallait aller à l'hôpital public ! » Elle s'est sentie humiliée

Elle disait aussi : « On ferme la bouche quand on n'a pas de preuve d'être traité différemment. Seule je ne peux rien faire, je n'ai que ma langue pour en parler et c'est ce que je fais. »

Dernièrement, une affaire nous a beaucoup touchés. Une famille a été renvoyée d'un musée de Paris à cause de son odeur. On reprochait que ses vêtements sentent l'humidité, la moisissure. Ils avaient l'odeur de la pauvreté. C'est arrivé à cette famille mais ça peut arriver à d'autres.

On a l'impression qu'on n'est que des pauvres. Mais on n'est pas que ça, on a de la valeur, on a de la dignité au plus profond de notre être. On met une étiquette sur le dos des pauvres. On est comme des pestiférés ou des lépreux, c'est comme si on avait une maladie sur nous.

Or on est des gens de valeur qui avons des choses à dire. Il n'y a pas que les riches qui ont des choses à dire.

Les plus pauvres ont également droit à la culture.

Il faut permettre aux gens de montrer ce dont ils sont capables.

Dans mon quartier des jeunes ont rénové des caves pour financer un départ en vacances. Ça leur a permis de montrer aux adultes qu'ils ne sont pas que des voyous mais qu'ils sont capables de faire des choses bien quand on le leur demande gentiment.

This testimony is linked to the event: 
17 Octobre 2013: Session de réflexion à l'Assemblée Nationale
Manuella Lecannu